RECIT DU LANCEMENT DE MYWEBART

 Bianca Hutin, jeune femme de 27 ans, a lancé en janvier dernier
une plateforme premium de vente d’oeuvres d’art, My Web’Art,
basée à Hong Kong. Son ambition est de bousculer le marché de
l’art et de faire de son site une référence.

EXTRAITS DE L’INTERVIEW

Après mon baccalauréat, je suis partie faire mes études supérieures à l’étranger : à Sydney où j’ai effectué un Bachelor business, puis un Master de marketing et communication à Madrid. À la fin de mes études, j’ai travaillé durant deux ans pour la maison de ventes aux enchères Sotheby’s dans le département relations publiques et communication, puis chez LVMH pour la marque Christian Dior dans le même département, à Madrid. Je suis rentrée en France en 2011 où j’ai exercé dans une agence de communication culturelle.

En 2010, pendant mon Master en communication, j’ai monté pour l’un de mes cours le projet My Web’Art, soit le lancement d’une plateforme de ventes d’oeuvres d’art par le biais d’Internet. Mon professeur m’a alors beaucoup encouragé à le développer, maisj’ai préféré acquérir de l’expérience professionnelle. Puis l’an dernier, j’ai repensé à cette plateforme. Le déclic s’est produit lorsque l’un de mes amis m’a parlé du Web Summit, un concours mondial lancé par Google destiné aux start-up. J’ai été sélectionnée parmi des milliers de candidatures.

 

J’ai alors démissionné de mon poste en juillet afin de préparer mon dossier. Les dirigeants de Google ont souhaité prendre part dans ma future société. J’ai décliné car ils voulaient être investisseurs à plus de 70% du capital. J’ai alors investi seule 20 000 euros pour la construction de mon site Web.

Au départ, j’envisageais d’avoir des oeuvres d’art bon marché jusqu’à 500 euros, mais il y avait des concurrents sur ce marché. Et, par rapport aux gens que j’ai rencontrés et aux artistes qui m’ont fait confiance, j’ai pris une dimension beaucoup plus premium que je ne l’avais pensé. En janvier dernier, My Web’Art était lancé.

Nous avons ouvert le site avec plus d’1,5 million d’euros en terme de valeurs d’oeuvres d’art et une vingtaine d’artistes. Nous avons actuellement près de 7 500 oeuvres d’art. Les prix de vente sont autour de 5 000 euros et l’oeuvre la plus chère est à 320 000 euros.

Pourquoi le Web ?

Je voulais me lancer dans quelque chose de nouveau.

Certains collectionneurs sont capables de dépenser 50 000 dollars sur un site.

Et je suis intiment persuadée que le monde de l’art et celui du Web ne feront bientôt plus qu’un.

Par ailleurs, lorsque les artistes travaillent avec des galeries, ils doivent leur verser plus de 50% de commission lors de la vente de leurs oeuvres, de même pour les ventes aux enchères. Et une galerie est très locale, l’oeuvre est vue dans la ville, voire dans le pays mais pas exposée à l’international. Les artistes veulent avoir une alternative.

J’ai lancé My Web’Art pour créer une plateforme internationale premium, avec desartistes et des oeuvres d’art de grande qualité. Les collectionneurs,qui viennent sur mon site proviennent des États-Unis, d’Asie, d’Amérique du sud, des Émirats.

J’ai gardé de nombreux contacts professionnels de mes anciens postes et j’ai également la chance d’avoir un très bon réseau personnel. Cela m’a beaucoup aidé. Je suis allée voir les artistes en leur expliquant le concept de My Web’Art, je pensais avoir des réticences mais à ma grande surprise cela n’a pas été le cas. Nous avons commencé avec une vingtaine d’artistes et aujourd’hui ils sont une soixantaine. Les vingt premiers, je les ai choisis : ils appartenaient soit à mon réseau, soit je les ai rencontrés lors de Foires d’art contemporain, à Londres, à Paris et aux États-Unis.

J’y suis allée au culot en leur présentant ma plateforme. J’ai également créé un comité de sélection des artistes, composé d’un galeriste londonien, de deux acheteurs et deux artistes, qui choisit les artistes et les oeuvres d’art qui seront présentés sur la plateforme. Il a pour mission d’assurer la qualité et la crédibilité des artistes présentés. La plateforme est divisée en deux parties complémentaires : les jeunes artistes prometteurs et ceux qui sont déjà reconnus. Nous n’avons aucune exclusivité sur les oeuvres qui sont présentées sur le site.

Quand je parle aux artistes plus âgés cela les rassure, car ils savent que j’ai grandi avec ces technologies. Les jeunes artistes aiment le concept et sont moins intimidés que lorsqu’ils doivent passer par une galerie. Et j’ai un background chez Sotheby’s et dans le monde de l’art, j’ai suivi l’École du Louvre.

Enfin, mon comité de sélection est là pour crédibiliser ma démarche. Mes artistes, je les connais tous : je suis un véritable agent pour eux.

 

C’est très compliqué. Au départ, c’était beaucoup de réseaux, de bouche à oreille. J’ai essayé de démarcher la presse française spécialisée dans la culture et l’art mais sans succès. Les journalistes étaient très réticents. Contrairement aux médias étrangers, j’ai eu un article dans le magazine Entrepreneur Middle East, et Forbes China prépare un article sur moi. Aujourd’hui, je suis plus connue à l’étranger qu’en France. Néanmoins, je vise New York, Dubaï et Hong Kong.

Je travaille actuellement sur un partenariat avec le plus grand centre d’art au monde qui ouvrira en octobre prochain à Manhattan. J’essaie de me faire de la publicité sur des coups assez médiatiques. Acheter de l’art en ligne, c’est encore quelque chose de très nouveau dans l’esprit des gens, aussi j’organise des vernissages avec un ou deux artistes, où sont disposés plusieurs ordinateurs pour accéder à la plateforme. J’ai également investi près de 10 000 euros dans la publicité mais cela ne m’a rien apporté en terme de visites.

Au culot ! Par exemple pour Art Basel, j’ai contacté les organisateurs jusqu’au moment où j’ai réussi à avoir un rendez-vous avec la directrice. Je lui ai présenté mon projet et ma démarche lui a plu. J’ai réussi à avoir mon invitation et ainsi côtoyé les artistes. J’ai fait la même chose pour Art Dubaï. Je pars également en septembre à Beyrouth pour la Foire avec un espace de 30 m2 qui me sera offert afin de présenter ma galerie virtuelle et les oeuvres. Quand vous arrivez avec un projet différent, vous ne pouvez qu’intéresser vos interlocuteurs.

Et grâce à mon réseau familial, j’ai pu rencontrer le ministre de la Culture d’Abou Dabi, Cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan. Il est très intéressé par mon projet, d’autant qu’en 2020 le pays reçoit l’Exposition universelle. Je dois le rencontre à nouveau cet été pour lui présenter une pièce que j’ai en exclusivité : un collier unique d’une valeur de 320 000 euros réalisé par un joaillier français.

Vu que les cartes bancaires ne passent pas au-delà de 3000 euros, nous utilisons Ingenico Payment Services, qui gère nos transactions sécurisées. Et nous avons trois prestataires logistiques. Nous utilisons UPS, qui a son propre service de « galerie », pour les oeuvres de petite dimension et dans des tarifs de première gamme  de prix. Pour les grandes pièces, j’ai deux autres prestataires spécialisés dans les oeuvres d’art très haut de gamme, avec une livraison chez le client, et l’installation dans la pièce souhaitée. La tranche d’âge de ma clientèle oscille entre 30 et 55 ans, mes clients sont généralement des entrepreneurs qui ont créé leur société. Ce sont des personnes qui ont beaucoup voyagé, qui sont pour la plupart aux États-Unis..

Les artistes doivent s’acquitter de frais d’inscription annuels qui s’élèvent à 900 euros, cela leur permet de présenter leurs oeuvres pendant un an sur la plateforme. Et j’ai une commission de 30% pour la vente de n’importe quelle oeuvre. Tous les bénéfices sont réinvestis dans la société. Nous faisons actuellement deux ventes par mois, entre 5 et 10 000 euros.

Cette année est une année décisive, nous devons devenir une référence sur le marché de l’art en ligne. Nous sommes à ce propos en train de reformater le site en créant une page « Events », ainsi qu’une partie VIP consacrée à nos meilleurs collectionneurs, un cercle privé qui permettra de leur présenter des oeuvres d’art en exclusivité cet été.

Nous allons enfin mettre en place un système de ventes aux enchères, de cotation des jeunes artistes….

Nous sommes aujourd’hui trois partenaires : je gère les relations publiques et celles avec les artistes. J’ai un partenaire qui s’occupe du site et le troisième travaille la partie juridique en tant qu’avocat.

source ECOMMERCE.FR

AUTEUR BIANCA HUTIN

 

 

 

Five Minutes With Bianca Hutin, Entrepreneur And Founder Of My Web Art

                   PPPPGenerating revenues through brokerage    sales, art sellers’ subscription fees and advertising spaces on the website, My Web Art (MWA) launched in January 2015 and currently has 75 artists and has sold more than 15 artworks since the launch.

Founder Bianca Hutin, who counts travelling, opera and theatre among her interests, says that local artgalleries miss international opportunities and that she was inspired bythe belief of how culture and art acts as a force of unity, and that art actsas a valuable learning vehicle.

Coming from a background in marketing she later put to work starting her own venture,Hutin says it has helped in targeting the right markets, consumers, andalso with plotting advertising and promotional strategies.

The entrepreneur admits that her greatest lessons have come from her
biggest failures, adding that “you become what you are, thanks to what
you’ve done and experienced!”

Does My Web Art have artists or buyers from the Middle East?

We do have art collectors from Middle East, and the feedback was very
positive as they really enjoy buying art online. It’s [very different from]
the traditional art market selling channel of art galleries and auction
houses, and they seem to like it.

What do you think about the state of fine art market platforms?

There are quite a lot of art market platforms, but none are of high quality
and this is the reason why I have launched MWA: to create a premium
platform, with high-quality artists and high-quality artworks. Most of the
art websites are opened to anyone, whereas on MWA, we have a
selection committee composed of professionals who select the artists
and the artworks that will be presented on the platform. The committee
ensure the quality and credibility of the artists presented. Sellers also
have to pay subscription fees to display works on MWA. With MWA, we
are targeting the top of the market and that makes the difference. Other
point is that MWA is opened to individual artists, but also to art galleries
who display works of their own artists on the platform, whereas most art
websites do make a difference between galleries and individual artists.
We also promote young artists; I love going to art fairs all over the world.
On MWA, we are proud to promote them and offer them great visibility.

With rising art markets online, how do you plan to stand out? What is
your unique selling point?

High quality, high quality and high quality in the choice of artists and
artworks. One of our strong advantage is that I know personally each of
the artists are on the website. I maintain strong and close relationships
with all of them. This is extremely important as I’m able to get to know
them, and talk about them and their works to art collectors I meet. We
also continue to organize events in Paris, New York, Hong Kong and
Dubai, it is important to keep a physical relay and meet art collectors
and artists wherever they are, as well as cultural and artistic projects all
over the world. With this, our strength rises from our search for artists of
great talents, prestigious and trusted partners, close relationships and
our international approach in international markets.

What do you look for in team? How do you motivate them?

Good team members have to be open minded, creative, complementary
and collective. To motivate them, I share my ambition and my objectives,
communicate with them as much as possible, give them challenges and
opportunities to grow, encourage creativity and support new ideas,
celebrate each success, don’t let them become bored, and create and
maintain a team spirit.

SOURCE L ENTREPRENEUR MIDDLE EAST 2015.

Five Minutes With Bianca Hutin, http://www.entrepreneur.com/article/244775

 

Effet Uber: les assurances changent de braquet

Selon Fabrice DELAYE de bilan.ch, en matière de trend, les investissements sont souvent un bon indicateur.

Ils ajoutent l’action concrète aux paroles. De ce point de vue, il est intéressant de voir qu’après le transport (Uber, BlaBlaCar), le logement (Airbnb, Housetrip), ou le paiement (TransferWise) et plus généralement la finance avec les fintechs, le smart money des capital-risqueurs a pris la direction des start-up innovantes dans le secteur des assurances.

Smart money

Selon l’analyste CB Insight, ces start-up ont levé au total 2,12 milliards de dollars depuis 2010, dont plus de la moitié depuis début 2014. Et rien qu’au cours des cinq premiers mois de 2015, le chiffre a même atteint 831 millions de dollars d’investissements.

Aux Etats-Unis, le coup d’envoi de la numérisation du secteur de l’assurance a été lancé par la nouvelle loi sur la santé de l’administration Obama (Affordable Care Act) en 2010. La moitié des start-up qui se sont créées depuis dans ce domaine sont ainsi actives dans la santé. Elles servent soit de courtiers comme Oscar, soit de places de marché comme Gravie, voire de services pour gérer les assurances sociales des employés comme Zenefits. A côté de cela, de nombreux sites offrent des services en ligne d’assurance autos, ménages etc.

Spécialiste des fintech auprès d’AlpICT, le réseau des technologies de l’information en Suisse romande, Yohann Perron relève qu’en Suisse il y a aussi «essentiellement des brokers (Bfox), des comparateurs (123vergleich) et des plateformes de gestion (Knip, MoreMoney4you). »

Porte-parole de knip.ch, Juliane Repp affirme que ce dernier type de services rencontre de plus en plus d’intérêt des consommateurs, si bien que l’entreprise helvétique commence à se développer aussi en Allemagne. «Fondée en 2013 par Dennis Just et Christina Kehl, Knip gère actuellement plus de 18’000 polices d’assurance représentant un volume de près de 18 millions de francs », révèle-t-elle.

L’application mobile de Knip part de l’assuré qui y concentre toutes ses informations d’assurance (mensualités, garanties, expiration de contrat…). Ces informations anonymisées sont ensuite rendues accessibles aux 95% des assureurs suisses qui collaborent avec l’entreprise. Ils peuvent donc faire de meilleures offres ciblées à tel ou tel assuré. Knip a, de plus, ses propres conseillers indépendants consultables par ses utilisateurs.

Des assureurs investisseurs

Cette situation est assez typique de l’évolution actuelle du secteur des assurances sous l’influence de la technologie. «La numérisation est un grand défi, poursuit Juliane Repp. La plupart des compagnies d’assurance ont manqué ce virage et doivent rattraper leur retard. Ce n’est pas simple, avec des structures souvent rigides qui limitent l’innovation. Elles ont du mal à fournir les services individualisés facilités par les fintechs, alors que la norme était jusque là pour des produits taille unique. »

Cette situation créé certainement une opportunité pour des start-up fintech dans l’assurance. Mais elle sera de courte durée. Des compagnies d’assurance comme Axa, Mass Mutual ou bien encore la chinoise Ping An, ont aussi créé des entités de capital-risque (Corporate ventures) pour investir massivement dans ce domaine. Et y conserver ou y prendre des parts de marché.

Partenaire chez Axa Strategic Ventures, Minh Q. Tran explique : «Nous observons aussi bien les dossiers de start-up dans ce que nous appelons l’«insurtech» en Suisse que nous envisageons d’amener sur le marché suisse des modèles dans lesquels nous avons investi ailleurs. » Il donne l’exemple de Flyr, une start-up de San Francisco qui a développé un algorithme qui prévoit à 120 jours le prix d’un billet d’avion… pour le réserver au meilleur prix. Ce qui influe ensuite sur le prix des assurances annulation et voyage, soit un marché de 15 milliards de dollars dans le monde.

Source bilan.ch

Auteur   Fabrice Delaye.

Le digital dans le monde de l’art

UUl’enjeu du digital est majeur 

Adaptation, nouveaux médias et moyens révolutionnaires  : comment s’adapter au mieux  sans se laisser pour autant envahir voire déconcerter ?

les technologies numériques au service de l’art et de ses moyens , musées, experts, galeries etc.

UU

 

Marion Dupuch-Rambert, Art Consultant, les 12 et 13 juin 2015 au Colloque International les Clefs d’une Passion à la Fondation Louis Vuitton à Paris – qui portait sur des questionnements essentiels partagés par les intervenants du monde de l’Art (Musées, Fondations, Collectionneurs, Maisons de Vente et Artistes entre autres) (1) – a été surprise que les éminents orateurs n’évoquent pas, en tant que telle, l’introduction des technologies numériques comme véritable enjeu, venant déterminer l’évolution de leur environnement.

 

Or aujourd’hui la plupart des institutions muséales sont en train de s’adapter pour intégrer l’ère digitale et les transformations numériques venant impacter leurs actions et redéfinir leurs rôles, depuis la façon dont l’art et les oeuvres sont présentés, jusqu’à l’expérience même du visiteur qui expérimente de nouveaux usages.
Par l’art contemporain, ces institutions ont dû déjà intégrer de nouveaux supports numériques; et les artistes utilisant ces nouveaux outils, ont fait figures d’initiateurs, poussant celles-ci à une vraie réflexion quant à la place du numérique dans leur environnement, et à la façon d’introduire son usage auprès de leurs publics.
Mais si le numérique a été adopté par le monde de l’Art depuis quelques années, et le plus souvent pour faire partager la connaissance d’un objet ou d’un artiste, de prime abord on a pu penser à une capitulation face à l’expérience physique du visiteur, cédant ainsi à un ennemi virtuel là où les institutions muséales sont des espaces essentiellement physiques.
Et la tendance s’est accentuée ces derniers mois avec l’apparition de la réalité augmentée (2) dans le monde de l’Art, faisant suite à la création de musées virtuels, obligeant alors à se poser la question de comment faire coexister des espaces physiques et l’usage du digital.
Ces institutions (musées, fondations, collections) ont un rôle important à jouer auprès de leurs visiteurs afin de leur permettre d’explorer au plus près une œuvre, en s’appropriant une nouvelle forme de médiation hybride émergente, mais irréversible ; elles deviennent, de fait, des espaces réels où la révolution numérique peut s’affirmer et expérimenter de nouveaux outils comme la réalité augmentée, en venant enrichir l’expérience de l’utilisateur, tout en développant les audiences de leurs expositions.
L’impact du digital est prégnant aujourd’hui dans le monde de l’Art y compris sur le marché de l’Art où il vient dicter de nouvelles règles et globaliser un territoire jusqu’à présent local (cf.ventes aux enchères en ligne).
Comment alors s’adapter au mieux à ce challenge digital ? Comment utiliser intelligemment la technologie numérique au service de l’œuvre et de l’artiste, afin d’améliorer l’expérience du regardeur, sans se laisser pour autant envahir voire déconcerter par elle?
Les institutions muséales dont le rôle est de gérer du contenu avant tout, doivent alors permettre à leurs responsables de développer une stratégie digitale tout comme des « content managers ».
Car le monde de l’Art aujourd’hui, que l’on veuille ou non, est devenu un espace hybride, un mix entre expérience physique et utilisation digitale quand il ne devient pas complétement virtuel (cf.DSL Collection, Google Art Project etc…).
Réfléchir à ces nouveaux enjeux, afin de permettre d’aller au delà de l’expérience physique de l’œuvre grâce à des outils qui nous ouvrent à de nouvelles interactions et connaissances partagées, tel est un questionnement essentiel.
Permettre de révéler les mystères d’une œuvre, à tout un chacun, en abordant de nouvelles perspectives que le Big Data (3) met à notre disposition, voilà un véritable enjeu !
De nombreuses applications ont vu le jour à cet effet, et l’une d’entre elles est à signaler, celle d’un étudiant doctorant français à l’université de Standford, Jean-Baptiste Boin, qui a contribué à la construction d’une application, Art++, qui combine la technologie de la reconnaissance des images avec les références de l’histoire de l’art, afin de fournir en temps réel des informations sur l’œuvre d’art et l’artiste concernés.
Ainsi, l’institution muséale du futur se forge par étapes successives et certaines sont déjà franchies.
La problématique de l’accès en ligne à l’oeuvre d’art a été posée depuis plusieurs années par les plus grands acteurs du monde digital. Quand Google a démarré son Project Art (Google Cultural Institute qui présente dans un musée virtuel plusieurs millions d’objets provenant de diverses organisations partenaires), en utilisant entre autre la technologie d’appareil photo haute définition pour reproduire au plus juste l’oeuvre d’art, les conservateurs de musées se sont inquiétés légitimement des droits de reproduction et de représentation des œuvres, et Google s’est engagé contractuellement avec ses partenaires, notamment à une obligation de ne pas utiliser les images reproduites à des fins commerciales.
Des outils numériques ont été déployés dans l’univers muséal, appréhendé parfois comme trop « conservateur » ; et le dernier en date, à savoir la réalité augmentée, sorte de logiciel intelligent qui vient apporter un complément d’informations en temps réel en lien avec l’objet regardé et ce, par l’interface d’un smartphone ou d’une tablette, permet de transmettre en très haute résolution, l’image de l’œuvre, parfois en 3D et jusqu’au moindre détail, autorisant entre autre, une expérience d’immersion totale dans la création de l’artiste.
Ce n’est plus de la science fiction; la réalité augmentée dans le monde de l’Art s’exprime par toutes les technologies nouvelles qui donnent au visiteur ce complément interactif, synchrone et multimédia d’informations, permettant un partage de connaissances, avec pour objectif premier de donner à chacun « plus de points d’accès à l’œuvre».
Déjà les plus grands musées dans le monde ont accueilli ces technologies, et pas seulement car inévitables à l’ère des digital natives, mais comme des alliées qui viennent faciliter l’accès à la culture, à un public plus large et de plus en plus connecté, en maintenant toujours l’idée qu’il faut « laisser le contenu – l’œuvre – déterminer ce que nous en faisons », et ce, pour éviter que la technologie et ses dispositifs s’imposent à l’utilisateur.
Pour les institutions muséales dont le rôle est de conserver et d’exposer leurs oeuvres, l’enjeu aujourd’hui est de faire vivre leurs collections; et alors l’attrait de la réalité augmentée devient évident car elle permet au contenu unique que représente une oeuvre d’art d’être regardé dans des environnements nouveaux, sans porter atteinte à l’objet et, paraphrasant Marcel Duchamp, au regardeur d’expérimenter l’œuvre par lui-même et de s’en voir révéler toutes les réalités.

 

source JDN.NET

Auteur Marion Dupuch-Rambert, Art Consultant

Le «Vagin de la Reine» vandalisé à Versailles

L’œuvre majeure du sculpteur britannique Anish Kapoor installée dans le parc du château de Versailles près de Paris,  a été vandalisée par des jets de peinture,a confirmé  la direction du Château.

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Cette œuvre, une trompe d’acier de 60 mètres appelée par l’auteur Dirty Corner, mais affublée dans la presse du surnom de «Vagin de la Reine», est exposée depuis le 9 juin à Versailles, résidence royale des XVIIe et XVIIIe siècles et l’un des sites les plus visités par les touristes en France. Elle y figure parmi d’autres œuvres de l’artiste de 61 ans d’origine indienne.

«Une dégradation de l’œuvre Dirty Corner a été constatée mercredi matin. Il s’agit de jets de peinture superficiels. L’œuvre est vient d’être nettoyée», a-t-on précisé de même source. Une autre précise qu’une enquête est en cours, passant notamment par l’étude des vidéos de surveillance.

Installé dans l’axe principal du parc, sur le Tapis vert, ce tunnel d’acier rouillé de 60 m de long s’ouvre en direction du château par une sorte de trompe, dont Kapoor reconnaît qu’elle est «très sexuelle».

Sans concessions, l’exposition de Kapoor à Versailles a suscité un début de polémique. Outre Dirty Corner, l’artiste a positionné dans l’axe central du parc trois autres œuvres, deux grands miroirs et un «Vortex», un bassin circulaire dont l’eau tournante s’ouvre en son centre vers les profondeurs.

Le sculpteur britannique d’origine indienne a également placé dans un bosquet une sculpture cube percée de boyaux rouges et dans la salle historique du Jeu de Paume, un canon tirant des boulets de cire.

 

Source le figaro

ELEX PREMIUM 2015

 

Records Chez Sotheby’s

Le monde de la joaillerie continue d’avancer de manière extravagante.

A Genève, une récente vente aux enchères menée par la célèbre maison de bijoux Sotheby a atteint le montant de 160.000.000 de dollars !

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La vente aux enchères « Magnificent Jewels & Noble Jewels » n’a pas été seulement le record d’une vente aux enchères de bijoux, mais a probablement aussi écrit l’histoire de la joaillerie. Contrairement à l’estimation initiale de 87M$, la maison de haute joaillerie Sotheby’s a réussi à atteindre un montant de 160M$ avec une vente de 94% des lots.

Les bijoux ne sont plus de simples accessoires de mode, mais un véritable investissement. Pas étonnant alors de retrouver de plus en plus de grands investisseurs dans ces ventes.

Parmi les merveilles de la vente « Magnificent Jewels & Noble Jewels », un rubis de 25,59 carats « Ruby sunrise » a atteint un record et a été vendu pour environ 30,3 millions de dollars.

Ce rubis de Birmanie était l’une des quatre pièces de joaillerie appartenant à la collection privée de Cartier vendu pour un total de plus de 47 millions de dollars, contre une estimation initiale de 22M$. L’acquéreur, dont le nom est gardé secret, a ainsi acquit un rubis d’une couleur parfaite, que qualifie certains fans de rubis, sang. La pierre précieuse est taillée en coussin et est montée sur un bijou également serti de deux diamants heptagonaux.

Une autre pièce remarquable, vendue lors de ces ventes, a été un diamant rose, « The Historic Pink Diamond » qui a appartenu à la collection de la princesse Mathilde, nièce de Napoléon Ier. Le diamant est parti pour 16M$.

source SIMONA NICOLAI JUWELO.

 

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Haroué : l’État a joué son rôle

La célèbre revue la  Tribune de l’Art n’est pas connue pour son indulgence envers le ministère de la Culture. Elle ne l’est pas davantage pour son hostilité au marché de l’art.

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Si nous revenons, une nouvelle fois, sur cette affaire, c’est que nos deux précédents articles n’étaient pas complets, et qu’ils nous ont permis de découvrir combien les cris à la spoliation poussés par la princesse de Beauvau-Craon sont totalement injustifiés, pour ne pas dire plus.

En effet, nous indiquions précédemment que de nombreux objets du château avaient été acquis par l’État en 2007 (ill. 1) pour éviter leur dispersion, et laissés en dépôt sur place, mesure tout à fait exceptionnelle, voire unique. Nous avons pu obtenir, depuis, une information essentielle : ces objets ont été payés 3,5 millions d’euro !

Grâce à l’aide (encore) de l’État, à celui du Conseil général et du Conseil régional, les travaux sur le château pouvaient être financés à 90%. Certes, aucun accord formel n’avait été signé – c’est sans doute une erreur du ministère qui lui a fait confiance – mais il existait bien, tacite : en échange de cet achat qui ne privait pas le château de ses meubles, la princesse de Beauvau-Craon s’était engagée à consacrer cet argent à la restauration du château. Chaque année ou presque, des travaux ont été proposés par la DRAC. Combien de campagnes de restaurations ont-elles été lancées ? Aucune1. La princesse explique aujourd’hui qu’elle n’a pas les moyens d’entretenir le château et affirme notamment que le Conseil régional s’est retiré du financement des restaurations.

En 2008, explique le Conseil régional, « lors de la dernière attribution de subvention, la convention financière expliquait que [son] engagement [ne se faisait que] sous réserve de l’engagement du propriétaire à l’élaboration d’un projet d’animation et de développement du site, ainsi qu’à la programmation d’une opération d’inventaire pour établir un document scientifique et public répertoriant le patrimoine architectural et mobilier du château ».

Malgré tous nos efforts, nous n’avons eu aucune réponse à nos questions de la part de la châtelaine. L’entendre dire que la vente du 15 juin devait servir à la restauration de son château, l’entendre crier à la spoliation dans la presse a donc quelque chose d’un peu insupportable. Quant à ses protestations de patriotisme, sous prétexte que la vente a lieu par l’intermédiaire d’un commissaire-priseur français, elles sont simplement grotesques. Comme nous l’avions déjà dit, ni l’État, ni les collectivités locales, ni les musées n’ont été informés de la vente aux enchères avant que la demande du certificat d’exportation pour l’épée ne soit faite.

Le mobilier conservé à Haroué comprend la chambre de Mme du Cayla, la salle à manger, le billard, le salon, un cabinet gothique (acquis par l’État), ainsi qu’une pendule de ce même cabinet. Il s’agit d’un ensemble réalisé au début des années 1820, essentiellement par l’ébéniste Bellangé2 qui n’a aucun équivalent. D’origine quasi royale, il a été commandé par Louis XVIII pour sa favorite.

Il reste très peu de choses de l’époque Restauration, à l’exception du mobilier des Tuileries aujourd’hui conservé au Louvre, également par Bellangé.
Non seulement la vente prive Haroué d’un mobilier qu’il conserve depuis le XIXe siècle, mais elle va disperser un ensemble rare et cohérent. Le mobilier de la chambre est en effet vendu en plusieurs lots, et le lit et la psyché restent au château. Or, on trouve dans la vente les sièges venant de la chambre, mais sans le lit et le psyché !

 

SOURCE la tribune de l’art. magazine de référence sur le marché de l’art.

http://premium.elex.fr/